Kpoint – NDRX

Critique

Cinquante ans après la mort du guitariste Jimi Hendrix, Kpoint lui rend hommage en sortant NDRX. Après Empire, Trap’N’Roll, et Temps Additionnel, le rappeur du 91 nous délivre un projet aux sonorités différentes : rock, trap, drill et zouk. Pour son premier album, il reste dans la continuité de sa précédente mixtape. C’est un artiste connu pour se situer entre la trap et le rock comme le nom de son projet paru en 2017, Trap’N’Roll. À 30 ans, KPoint a-t-il sorti l’album qu’il lui fallait pour définitivement exploser ?

La mélodie avant les lyrics

Il est avant tout un rappeur et c’est avec une intro bien rap que démarre NDRX. Dans cet album, les thèmes sont souvent les mêmes, l’amour et le quartier. On attendait peut-être une écriture plus introspective pour un premier album. Ce qui fait la particularité de Kpoint, c’est son sens de la mélodie. Il est capable de s’adapter à toutes sortes d’instrumentales, il s’est donc entouré d’excellents producteurs : Guilty, Heazy Lee, Noxious…

Sur Paradoxal Love, il nous raconte une histoire vécue, celle d’un couple qui prend des chemins opposés. Il fréquente l’illégal, elle, les bancs de la fac afin d’être avocate. Ce son représente ce qui a été dit précédemment : une mélodie, une femme et la rue. Cela en fait tout de même un bon single. Malheureusement, NDRX tourne beaucoup autour de ce schéma.

Comme tout rappeur français en 2020, KPoint s’est essayé à la drill sur Favo, mais le résultat n’est pas à la hauteur. Il nous surprend sur le titre engagé Peur du noir, un terrain où on ne l’attendait pas. Il fait écho au mouvement Black Lives Matter et dénonce les discriminations que subissent les Noirs en France et généralement dans le monde.

Les featurings apportent une vraie plus-value comme celui avec Kaza sur Night. Kpoint souhaitait avoir le côté musical de Dosseh sur Choix de vie. Le titre avec Joé Dwèt Filé, Corps à corps, montre une autre palette de l’artiste, malgré quelques phases trop faciles. À noter la présence de Jok’Air qui a repris un passage de son titre Club des 27 pour faire l’introduction de Trafiquant.

Un petit hommage à Hendrix

Kpoint a nommé son album NDRX pour Jimi Hendrix. Guitariste incroyable, rockstar par excellence, bête de scène, chanteur charismatique malgré une courte carrière et faisant parti du légendaire Club des 27. Kpoint n’a cependant pas poussé le concept assez loin. Cela s’arrête au nom de l’album, le choix de la date de sortie et le nom d’un titre Purple Haze, un classique d’Hendrix. Même si le but est de se démarquer de ce qui existait avant, l’utilisation d’un sample d’Hendrix aurait par exemple pu être intéressant.

Décrit par lui-même, NDRX est un état d’esprit (de rockstar). Cela ne se ressent ni musicalement, ni visuellement. Car quitte à perdre au passage une petite partie de son public, cette identité devrait être plus visible. La guitare, l’instrument qui définit Kpoint, est présente sur l’ensemble de l’album. Mais elle se fond trop dans les instrumentales, hormis sur Iceberg et Purple Haze, où elle est très distinctive.

Après Temps additionnel et les attentes placées sur son premier album, Kpoint a livré un projet trop lambda. En se fondant dans la masse, il s’est éloigné de ce qui faisait sa différence. À voir ce que peut donner le projet sur scène. Il manque encore les éléments qui feront de lui un artiste unique en son genre. Comme il le dit : « Très peu le font, beaucoup le disent, à chacun son choix de vie ».

Rejoins-nous sur Facebook