Future – The WIZRD

Critique

Quasiment un an et demi après la sortie de ses deux derniers albums solos, Future et HNDRXX, le rappeur d’Atlanta fait son retour avec un nouvel album solo, The WIZRD.

Une annonce subite, une promo courte, deux singles clippés, une cover, une tracklist, tout ça en l’espace de même pas un mois, Future a donc opté pour un roll out d’album rapide pour sortir The WIZRD. Et c’est sûrement là le meilleur choix, l’album nous arrivant ainsi de plein fouet.

Un album fluide

En effet, les tracks de cet album s’enchaînent de manière parfaitement fluide, sans un seul déchet ni aucun temps mort. Future délivre comme jamais, usant de flows maîtrisés, de vocals efficaces et d’une certaine interprétation très réussite, en particulier sur les sons mélancoliques, arrivant à nous transmettre grandement cette émotion.

Il nous inscrit dans un univers marqué et homogène, également aidé par les producteurs, qui livrent des intrus exceptionnelles et en totale cohérence avec la construction de l’album, qui oscille entre mélancolie et trap brute, articulées autour d’un squelette composant l’ADN de cet album, à savoir le son qui sonne vraiment « The WIZRD ».

Un univers fantastique et imagé

Et cet univers est très singulier. En effet, on semble suivre Future à travers une épopée galactique mouvementée qui évolue au fur et à mesure de l’album, et qui donne donc l’essence de The WIZRD. Effectivement l’album démarre avec Never Stop, une intro fabuleuse et mélancolique, où Future semble préparer son départ de la Terre avec cette même mélancolie qui transpire sur le son. S’ensuit Jumpin on a Jet, où cette fois-ci notre artiste d’Atlanta saute dans son vaisseau pour s’échapper dans la galaxie, traversant ainsi la couche atmosphérique au milieu de moult tumultes et bourrasques.

Il continue son épopée tranquillement jusqu’à arriver à F&N où le beat switch monstrueux nous englouti dans une sorte de faille spatio-temporelle. Par la suite arrive Promise U That avec une prod épique parfaitement accompagnée par le flow de Future, régnant en conquérant de la galaxie, s’ensuivant sur Stick To The Models, puis sur Overdose où la production stellaire s’apparente à des étoiles scintillantes qui s’entrechoquent, puis Krazy But True continue dans la même veine avec un bruit éclatant sur l’instru, qui pourrait faire penser à la complainte d’un bébé alien que Future aurait rencontré au cours de son voyage.

Nous retrouvons ensuite Baptiize avec une première partie plutôt chill, puis le beat switch phénoménal nous amène aux côtés de Future dans un champ de météorites où celui-ci semble les éviter tant bien que mal, mais finira finalement percuté et arrivera sur une planète où il rencontrera Young Thug et Gunna, la planète étant sûrement celle dont Thugger disait qu’il provenait pour son interview Clique. Il lui présente ainsi son fils Gunna et livrent ensemble une performance phénoménale.

Young Thug qui est sur une régression depuis quelques mois nous gratifie ici d’une performance titanesque, amorcée dès le début du son avec ses adlibs, arrivant ainsi jusqu’à son couplet incroyable, cette évolution rappelant une relation sexuelle qui gagne de plus en plus en intensité, commençant par des préliminaires, ici les adlibs de Young Thug, jusqu’à arriver au moment de jouissance avec le début de son couplet. Les passes passes avec Gunna sont également énormes, le fils de Thugga étant parfaitement dans le rythme avec son père qui lui indique le chemin.

Future repart ensuite puis rencontre un nouvel invité de renom : Travis Scott. Celui-ci livre une performance excellente, meilleure que certaines récentes qui ont pu être décevantes, et confirme la grande qualité des featurings de cet album, qui s’inscrivent de manière excellente dans l’univers The Wizrd. Enfin, l’outro conclue ce voyage avec un Future arrivant dans la paix sur une nouvelle planète, avec ce track à sonorité plus ensoleillée.

Et là où le tire de « Wizard », signifiant sorcier, retranscris bien cet album, est le fait que notre magicien Future nous a ici concocté une potion magique rendant totalement accro à sa musique, sans jamais nous en sortir, et nous tiens parfaitement à sa baguette, en véritable chef de cet orchestre magique dans un décor galactique, nous poussant à replay l’album sans cesse afin de nous ruer sur les différentes formules magiques qu’il y a inscris et qui pourraient faire encore plus frétiller nos oreilles, replay value étant ici d’ailleurs colossal, où l’envie de réécouter sans cesse l’album ne disparaît jamais et se lie à la richesse musicale qui permet d’étoffer les écoutes en apportant de nouvelles choses à chaque fois.

Une construction très bien organisée

En dehors de la représentation fictive de cet album, il y a donc un véritable fil conducteur musicalement avec ce son à connotation un peu spatiale et très atmosphérique, plaçant Future dans un univers homogène et cohérent entre mélancolie, énergie et enjouement pour la fin également. Il a été très bien aidé par Wheezy, Tay Keith, Southside ou encore autre TM88, véritables architectes de cet album, qui ont livrés des productions extrêmement qualitatives et au service de l’esprit de cet album.

Les feats sont parfaitement incorporés dans cet univers et livrent leur meilleur niveau, et Future revient affamé comme rarement avec des flows incisifs d’une qualité monumentale, des vocals feutrés et des chants magnifiques. Ainsi est retranscris le son « The Wizrd » étant très bien relié au titre de l’album, album où nous sommes en immersion dans cette épopée atmosphérique et magique, orchestrée parfaitement par Future qui nous plonge complètement dans cette ambiance sans jamais nous en décrocher, tel un véritable sorcier créateur d’un univers magique, grâce à la fluidité d’enchaînement des tracks et l’absence de temps morts, d’où le fait qu’il est important de souligner le fait de l’excellent sequencing de la tracklist, qui réparti excellemment bien les différentes ambiances de l’album et les réuni autour d’un univers cohérent, et ceci est aussi rythmé par le très bon choix de durée des sons, où Future choisi d’en concir certains pour éviter la redondance et augmenter l’impact de leur efficacité, et où a contrario il décide de s’étendre sur certains pour lui laisser la place de réaliser tout ce qu’il a à réaliser.

En conclusion nous sommes ici en présence d’un excellent album qui s’inscrit d’emblée comme un temps très fort de l’année 2019, composé vraiment en tant qu’œuvre comme un album, avec tous les éléments reliés au service de la construction de celui-ci en tant que tel. Un projet incroyable qui s’inscrira sûrement comme son meilleur depuis DS2 en tant qu’album. Future arrivait avec les crocs pour récupérer le trône d’Atlanta, partagé en 2018 entre toutes les nouvelles têtes comme Gunna ou Baby, ainsi que les Migos à leur apogée, et bien en l’état actuel des choses, cela semble chose réussie.

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