Koba LaD – VII

Critique

Koba LaD écrit ce qui lui passe par la tête, c'est à dire pas grand chose.

Jeune rappeur âgé de 17 ans, Koba LaD est un peu sorti de nulle part. Il a explosé avec « Freestyle Ténébreux #1 », l’un des premiers sons qu’il a posté sur YouTube, le 1er décembre 2017. Un petit buzz commence à s’installer et il est très vite signé par Def Jam France. Moins de 10 mois après, il sort le vendredi 28 septembre son premier album, VII.

Un album extrêmement pénible à écouter

Ça va pas le faire avec ce MC. Si le premier crétin venu qui se met à rapper avec une voix peu commune commence à être acclamé aussi c’est pas juste. S’il y a bien une caractéristique qui a rendu Koba célèbre, c’est sa voix. Du moins, la façon dont il la module. Un mélange entre nasillard et aigu qui peut dérouter à la première écoute mais qui suffit pour en faire un critère différenciant si on le compare aux centaines de petits de son âge qui font la même musique et qui veulent tous percer.

Néanmoins, plus le temps passe et plus cet « atout » est à double tranchant. On constatait déjà que ça tournait en rond seulement au bout du 3e épisode de « Freestyle Ténébreux », c’est ce qui est le plus triste, il suffit d’à peine 2-3 morceaux pour faire le tour du personnage. Ce qui pouvait être considéré comme un effet stylistique le temps de quelques freestyles est en fait devenu son identité à part entière. Et là c’est beaucoup moins drôle.

L’exemple le plus inaudible des modulations de sa voix est Train de vie un mix infect entre voix suraïgue et autotune. Ecouter un morceau de Koba LaD de temps en temps est possible, c’est l’écouter d’une traite sur un album entier qui s’avère être une véritable épreuve. Et c’est sans compter sur les backs insupportables qui ajoutent un peu plus au supplice.

L’ombre de Def Jam

Vite repéré, lancer quelques singles de merde dans la foulée puis enchainer directement sur un album, sans lui laisser le temps de mûrir et de se trouver, voici la méthode Def Jam, maisons de disques bien connue pour pourrir le potentiel de ses artistes. Qui a bien pu croire que Koba LaD avait suffisamment de maturité ou de vécu pour pouvoir sortir un album aussi vite ? Et ce n’est pas comme s’il y avait des featurings pour apporter de la substance à son projet, non il est seul sur l’entièreté des morceaux, sauf un (qui est comme vous vous en doutez, mieux que les autres).

On va passer très vite sur les productions, resucées de ce qui existe déjà aux U.S depuis 10 ans et très bancales. L’autre aspect inquiétant de Koba, c’est qu’il fait du rap jusqu’à preuve du contraire ? Et à ce titre, existe t-il un album de rap français plus mal écrit que VII ? Ça doit être trouvable mais c’est dur. A part dire qu’il est dans le binks et qu’il vend de la drogue, que dit-il ? Apporte t-il une forme soignée par des rimes, des métaphores ou des punchlines à ses propos ?

Sur certains freestyles il faisait au moins l’effort de sortir du contenu pertinent (notamment le #1, critique sur la mentalité « fier d’avoir fait de la taule »), là c’est le néant. Il y a peut-être le morceau Moments durs qui ressort vaguement du lot, tant par sa production assez smooth et aérienne que par les lyrics de Koba qui rassure ses parents grâce à sa réussite financière. A part ça que reste t-il ? Rien, la note s’impose d’elle-même.

Tibbar
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Do you fools listen to music or do you just skim through it ?

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