Zola – Cicatrices

Critique

Le jeune rappeur Zola met un terme aux attentes de son public et présente son premier album studio, sobrement intitulé « Cicatrices ». Un buzz grandissant, une connexion d’envergure avec Kore et son entité AWA : il n’en fallait pas plus au rookie du 91 pour se construire une fanbase solide. Entre kilos de shit, réminiscences de GTA San Andreas et grosses bavettes en Honda CRF, plongée dans l’univers de Zolaski.

Un jeune rider qui fait ses gammes

« L1 L2 R1 R2 haut bas gauche droite », c’est avec ce gimmick reconnu par les meilleurs d’entre vous que Zola entends cheater le rap game français. Sur « Baby Boy » le rappeur ouvre les hostilités et pose les bases de ce premier opus. Le schéma de rimes et la diction sont découpés à l’Opinel et le jeune bachelier littéraire maîtrise ses assonances et alitérations. C’est sur « Fuckboi » que Zolabeille étale réellement sa fulgurance. Une trap électronique tenant du jeu vidéo et une énergie débordante : le turn up est total.

Avec « Ouais ouais », le jeune rider qui immortalise ses virées en deux roues sur Instagram déclare « le soir je fais le con en CR ». Au guidon de son CRF ou sur des morceaux trap, celui qui peut désormais se targuer d’une collaboration avec Adidas (pour la sortie de la Nite Jogger) est à l’aise et nous fait secouer nos locks (pour ceux qui en ont).

Un tour du monde auditif.

Références à l’imagerie West Coast et lettrage chicano tatoué sur le ventre, c’est donc apparemment en toute logique que l’artiste opère un virage à 360° sur « Club » et traverse les Etats-Unis, du sale sud de la Géorgie jusqu’aux bon vivre de la Californie. Une production aux accents G-Funk, une ligne de basse entêtante et on retrouve un Zola décontracté, sous Jack Daniel’s Honey, qui nous séduit totalement.

La combinaison gagnante est réitérée avec succès sur « Kinshasa » et « Zolabeille », qui nous invitent à rider à travers Evry, de Bois Sauvage jusqu’au Parc Aux Biches en toute volupté. De Los Angeles à l’Essonnegeles, il n’y a qu’un pas et ce n’est sûrement pas la Grignyfornie qui nous contredira (mention spéciale pour Gizo, Cokein et Taro OG).

La street avant tout.

La suite de l’album garde ce tampon « essonnien » et c’est sur « Papers » que l’on voit l’apparition du MVP de l’année, maillot des Lakers sur le dos. Celui que l’on appelle Ninho et que l’on pourrait comparer à T-Pain au milieu des années 2000 (tant il s’accapare tous les refrains) est venu prêter main forte à son homologue du meilleur département de France. Argent facile et papier violet, la recette du jeune hustler est simple et la mixture en ébullition totale, tout comme sur « B.A.L ».

Puisant également ses inspirations au pays du soleil levant, celui qui arbore plusieurs tatouages japonais ressuscite le shōnen des années soixante sur le robotique « Astroboy ».
Zoladiñho poursuit ensuite son tour du monde et pose ses valises à Rio. Sur « 7.65 » il emprunte désormais à la baile funk, pour un morceau ensoleillé qui résonnera sûrement dans certaines voitures cet été, avant d’enchaîner par un hymne street en compagnie de ses associés Key Largo et No Name pour l’énergique « Alloicizolaski4 ».

Si l’on apprécie les productions de qualité, les différentes influences et la facilité dont fait preuve Zola pour poser sa voix, on émet tout de même un petit bémol sur le manque de profondeur de l’album. Intitulé « Cicatrices » c’est avec finalement peu d’éléments de lecture sur les plaies du rappeur que l’on ressort de cette expérience. Ce premier opus est déjà synonyme de succès commercial pour le jeune Zola et on espère qu’il entrera dans la postérité pour celui qui « voulais tout sauf du buzz ».

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