Logic – YSIV

Critique

YSIV, abréviation de « Young Sinatra IV », est, comme son nom l’indique, le quatrième opus de la saga « Young Sinatra ».

Un retour…

Après avoir sorti son décevant 3e album studio « Everybody » en 2017, et sa mixtape « Bobby Tarantino 2 » en mars 2018, Logic est déjà de retour avec son quatrième album studio YSIV, avec l’envie de se racheter auprès de ses supporters de longue date. Bien qu’étant un album studio, il vient compléter une trilogie de mixtapes que le rappeur avait sorti entre 2011 et 2013 et que ses fans pensaient finie. C’est donc un véritable saut dans le temps qu’il veut offrir avec ce projet, qui est résolument tourné vers le passé.

« Thought the series was over, but we just gettin’ started

I won’t ever leave this rap shit, no I can’t depart it

From the trap to the boom bap

To Young Sinatra to Tarantino »

YSIV s’ouvre avec un dialogue entre Thomas et Kai, deux personnages récurrents sur les projets de Logic. La conversation laisse entendre que ce projet sera le dernier de la saga Young Sinatra. Ensuite la musique Thank You démarre, dans laquelle Logic raconte sa réussite et remercie ses fans, et ceux-ci le remercient également : en effet, pendant de longues minutes, il y a une succession de messages vocaux de la part de certains fans à travers le monde, exprimant à quel point ils aiment Logic et sont reconnaissants de ce qu’il fait. Rien de nouveau dans un tel procédé, Logic ayant déjà mis des messages vocaux de ses admirateurs sur la musique World Wide, sortie en 2012.

Cette intro pourrait suffire à résumer l’album : trop long, peu original, et surtout ce n’est que du fan service.

Aux sources

Logic lâche (presque) la trap, son côté bisounours et la pop pour revenir à ce qu’il fait de mieux : le kickage sur du boom bap, et ce pendant plus d’une heure. Quand un album est aussi long, pour éviter de lasser les auditeurs, il faut de la diversité, chose que ce projet ne connait que très peu, rendant le tout très redondant. Une impression de « déjà vu » s’empare de l’auditeur, dès la première track, et ne le quitte jamais. Logic semble à court d’idées, et ça se ressent.

Le thème « réaliser ses rêves » revient trop souvent. Et même quand il tente d’amener de la diversité sur le projet, ça ne marche pas : la musique Iconic en est la preuve, Logic invite le jeune Jaden Smith sur son album, et au lieu de proposer quelque chose de neuf, il se contente de faire du réchauffé en retravaillant le hit Icon du même Jaden. Le pire étant que ce dernier ne dit que 3 ou 4 phrases sur l’ensemble de la musique, bien peu pour un featuring qui était fortement attendu et teasé sur les réseaux sociaux.

Là où « Bobby » fait fort, c’est sur la musique Wu Tang Forever, il a réuni l’ensemble du Wu-Tang Clan (sauf le regretté Ol’Dirty Bastard) sur une seule musique pour le plus grand plaisir de nos oreilles. The Return est l’occasion de retrouver Young Sinatra, l’alter-ego de Logic, en grande forme, ce qui en fait une des meilleures chansons de l’album. Sur Street Dreams II, il fait du storytelling : il raconte une suite de péripéties mêlant violence et crimes, qui s’avère finalement n’être qu’un rêve.

Chose qu’il avait déjà fait sur Street Dreams, première du nom, il y a des années. Le scénario est un poil différent, mais la chute est la même. A la fin de la partie 2, Logic se réveille et semble perdu à cause de sa consommation de weed, prétexte utilisé pour introduire la musique suivante, The Adventures of Stoney Bob, musique d’une durée de 4mn20, servant juste à faire l’éloge de la weed. Intérêt lyrical et musical plus que limité.

L’outro du projet Last Call est une copie une référence à l’outro de Kanye West sur le légendaire The College Dropout. J.Cole avait déjà repris cette idée auparavant, mais Logic n’en a que faire :

« I was like, « Yo, this some fucking, ‘Last Call’ shit »

And it got me hella excited ’cause I always wanted to do like

A « Last Call, » I remember the first time I heard Kanye’s

I thought that shit was so tight, dawg

And I was like, man I’m tryna tell my story, you know what I’m sayin’?

And then uh, I remember Cole did it, when did he do it? »

Et décide de faire sa propre version, ce qui donne une longue outro dans laquelle il chante, rappe, parle, et comme souvent se veut donneur de conseils. Il parle brièvement de son prochain album « Ultra 85 », et prend une fois de plus le temps de remercier ses fans.

YSIV est donc un projet bien trop long, répétitif, la majorité des tracks étant inintéressantes, peu marquantes ou manquant cruellement d’originalité, il est très vite ennuyant et cela donne un replay value quasi nul. Il y a quand même de bonnes choses à retenir dans ce projet, Logic impressionne parfois avec son flow, certains feats sont plutôt bons (celui avec le Wu-Tang, ou encore celui avec Wale), et les nombreuses références rapologiques font plaisir (N.W.A, Big L, Jay-Z, J.Cole, Eminem, Kanye West,…). Il fait surtout un bel hommage à Mac Miller sur la musique éponyme YSIV, mais tout cela est bien trop peu pour Logic, lui qui était attendu au tournant.

Cet album plaira sans doute aux fans les plus fidèles du rappeur, mais pour les autres, il ressemblera juste à une très longue purge, avec quelques hauts mais surtout des bas. Espérons qu’il prenne le temps pour bien réfléchir et travailler son projet « Ultra 85 », il semble en avoir bien besoin.

Rotka
Life's a bitch and then you die

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