Les 5 fois où Booba a failli perdre face à un invité en featuring

La légende s’accorde pour dire que personne n’a jamais réussi à faire chuter Booba à domicile. C’est sur ses terres, lorsqu’il invite un rappeur, qu’il se surpasse et délivre ses couplets les plus incisifs. Pourtant, à plus d’une reprise, les débats ont été vifs pour départager le Duc de son invité, certains estimant même que Booba s’est déjà fait battre sur ses propres sons.

Retour sur les 5 sons ayant causé le plus de remous et de débats.

5. Booba vs Lino – Temps Mort 2.0

Conscient des attentes que génèrent un titre évoquant le désormais légendaire Temps Mort, Booba fait appel à Lino pour créer le morceau Temps Mort 2.0. La production est volontairement simple, dotée d’une boucle de piano minimaliste, afin de faire ressortir les paroles d’un duel au sommet entre deux légendes du rap français.

Lino prend la parole le premier, nous délivrant un couplet de très haute qualité. Les références sont riches et variées (Jesse Owens, Batman, Edward aux mains d’argent…), les punchlines sont de très haut niveau : « J’fais l’contrôle des naissances au .44 Magnum », « J’ai foiré tous mes examens, j’réussis l’alcootest ». A tel point qu’à la fin du couplet de Lino, on se dit qu’il a gagné haut la main et que Booba ne pourra rien faire de supérieur. Après une courte transition instrumentale, le couplet de Booba s’abat, vif comme un couperet et la sanction est imminente et brutale.

Avec un flow beaucoup plus rapide et hachuré que celui auquel il nous avait accoutumé, Booba distille images morbides « J’arrive chez eux, six heures du mat, avec la tête de leur chef », « Rien à gratter sauf maladie, j’ai fait le tour de leurs fesses » et punchlines d’un niveau nettement supérieures à celles de Lino. Les rimes sont également plus élaborées et ressortent mieux grâce au flow qu’il adopte, avec de belles multisyllabiques à la clé. Une très belle collaboration.

4. Booba vs Benash & Siboy – Zer

Tiré de l’album Nero Nemesis, Zer accueille Benash et Siboy dans une véritable démonstration de puissance. Booba commence le morceau avec un couplet agressif et un flow impeccable, on est habitués. Par contre on est un peu moins habitué à voir Benash maltraiter l’instrumental avec autant d’assurance. Armé d’un flow mécanique, Benash débite à une cadence soutenue un très beau couplet, et apporte sa patte et son univers sur le morceau.

« Je nique ton rappeur préféré juste pour buzzer », « les mecs de la BAC refusent des têtes-à-têtes » du grand Benash, qui prouve en un couplet qu’il sait rapper et quelle démonstration ! On connait un peu mieux les capacités et la folie de Siboy, celui-ci nous dévoile un couplet haut en métaphores gores « Montre ce que t’as dans le ventre, et j’irai le vendre ! », « je roulais sur des cadavres, jeune, dans une brouette ».

Étrangement, ce morceau n’aura pas créé une polémique de longue durée, les auditeurs préférant plutôt se focaliser sur l’incroyable performance de Benash et de Siboy. Il faut dire que le morceau est tellement bien et l’agencement des 3 parties tellement bien organisé et dans le même univers qu’on a du mal à y observer une adversité, on se contente d’écouter et d’apprécier le moment.

3. Booba vs Damso – 113

Troisième et vraisemblablement dernière collaboration entre Booba et Damso, 113 est extrait de l’album Trône. On regrettera d’ailleurs que ce morceau soit finalement assez court (2min34). Booba attaque très fort avec des images raffinées et efficaces « J’fais des claquettes dans un braquo« , « Vingt hippodromes sous le capot » ou encore le très puissant « J’préfère ne pas dormir, imagine j’me réveille pas« .

Damso lui donne la réplique, avec un flow beaucoup plus maîtrisé et varié que Booba. Lyrics obscènes, quelques attaques bien senties : « Gros, tu dis qu’elle est bonne, j’dis qu’elle est mineure », « tu rappes dans le tieks en vain« , son couplet reste moins percutant et imagé que celui de Booba. Il est tout de même considéré par certains comme étant une leçon que Damso inflige à Booba.

2. Booba vs Damso – Pinocchio

Produit par un Richie Beats en très grande forme, Pinocchio est le morceau qui va faire connaitre Damso, à l’époque signé chez 92i. Pinocchio est un morceau d’une rare violence, malgré son titre laissant envisager un univers un peu plus Disney-compatible. Rarement Booba n’avait été en aussi grande difficulté. Damso, inconnu à l’époque, arrive avec des paroles d’une rare vulgarité mais également d’une rare efficacité. Son flow et ses lignes sont un vent de fraîcheur. C’est généralement du 50/50 concernant ce morceau, certains reprocheront à Damso ses lyrics un peu trop portés sur le sexe, son manque de punchlines, tandis que d’autres reprocheront à Booba de ne pas avoir sorti un couplet assez percutant.

On notera d’ailleurs que les deux MCs ont utilisé la même technique de répétition, « T’es au bord du suicide, j’suis au bord de mer » pour Booba et « J’ai matière grise, t’as matière fécale » pour Damso. Booba reste un petit peu supérieur (ça se joue à très peu) par l’incisivité et l’imagerie de ses lignes « Je mens dans ta chatte comme Pinocchio », « J’ai fait du game une dictature, pour ça qu’on me récompense pas« , tandis que Damso est lui aussi très incisif, mais un peu plus facile dans ses formules.

1. Booba vs Kaaris – Kalash

Deuxième collaboration entre Kaaris et Booba après Criminelle League, Kalash est un pur produit egotrip. C’est également le morceau sur lequel la suprématie de Booba est la plus contestée. Il faut reconnaître que Kaaris a lâché des images extrêmement violentes et très imagées, qui s’imprègne directement dans l’esprit de l’auditeur. Des phrases telles que « Elle pense que j’suis en train d’la doigter, j’lui mets mon gros doigt d’pied » ou « Si j’te fends le crâne en deux, quel œil va s’fermer le premier ? » sont désormais des classiques.

L’erreur de Booba a été de rester dans de l’egotrip classique et beaucoup moins imagé que celui de Kaaris. La hargne de Kaaris est clairement ressentie et elle fait la différence. La deuxième erreur que Booba aurait pu faire, aurait été de ne faire qu’un seul couplet. Si on compare le premier couplet de Booba avec l’unique de Kaaris, il n’y a vraiment pas photo. Booba occupe le premier couplet, le refrain et le troisième couplet, ce qui lui laisse la possibilité et le temps de pouvoir déployer plus facilement ses rimes et ses punchlines. C’est d’ailleurs ce qui le sauve sur un morceau qui, 4 ans après sa sortie, fait toujours couler de l’encre et dont personne n’est d’accord pour en donner avec certitude l’issue.

Tibbar
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Do you fools listen to music or do you just skim through it ?

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