Lil Wayne – Mona Lisa

Album : Tha Carter V (voir la chronique de l’album Tha Carter V)

Année : 2018


Mona Lisa. Le tableau le plus célèbre de l’histoire, peint par Leonard de Vinci, est à l’honneur dans ce morceau de Lil Wayne en featuring avec Kendrick Lamar. L’axe choisi est celui de l’ambiguïté de la femme, son machiavélisme et finalement son imprévisibilité, à l’image du sourire ambigu de la célèbre Joconde.

Ce morceau est un storytelling divisé en 2 histoires différentes, mais qui se rejoignent sur le même constat : « Fake smile, Mona Lisa, Mona Lisa ».

La Mona Lisa de Lil Wayne : calculatrice et machiavélique

Lil Wayne a le beau rôle, puisqu’il raconte comment sa Mona Lisa l’aide à piéger des hommes afin de les cambrioler. Une méthode selon lui beaucoup plus efficace que l’arrachage de chaines en or : « We don’t snatch chains, we find out addresses, and we don’t leave messes ». Il se sert de la beauté de sa muse, qu’il envoie en reconnaissance afin de sympathiser, séduire puis coucher avec des hommes. C’est lorsqu’ils sont vulnérables que Weezy débarque, armé, afin de dérober ses victimes.

Then she let us in, we take all of your shit
And when you wake up, she help you try to find it, I love it

A trois reprises le côté particulièrement pervers de cette femme est souligné par Wayne. La première fois est lorsqu’elle aide sa victime à chercher les bijoux qu’elle a elle-même volés. La seconde fois est lorsque Lil Wayne débarque armé pour voler un homme qu’elle a piégé. Elle va alors lever les mains sous la menace de l’arme, afin de feinter un véritable cambriolage dont elle ne serait pas la complice. La troisième fois est lorsqu’elle part en vacances avec l’une de ses victimes et qu’elle signale à ses acolytes que la voie est libre pour cambrioler son domicile.

La Mona Lisa de Kendrick : infidèle et matérialiste

Kendrick Lamar dépeint lui une femme coquette, qu’il emmène régulièrement sortir et avec qui il couche régulièrement. Seulement, cette femme trompe son véritable copain avec Wayne et Kendrick. Kendrick Lamar va changer de perspective pendant son couplet. Dans la première partie il narre l’histoire de son point de vue, celui d’un rappeur célèbre qui couche avec une femme volage et qui ne se soucie pas des conséquences ni de la tristesse qu’il peut créer.

Très vite, il va changer à la fois sa perspective et sa voix, son delivering changeant lorsqu’il prendra le point de vue de la personne trompée. Touchant de naïveté et de sensibilité « But you suck his dick, that’s just nasty ! », on sent la voix de Kendrick se craqueler au fur et à mesure qu’il détaille les infidelités et les volageries de sa Mona Lisa. Se rappelant tous les services qu’il a rendu à cette femme, les couches qu’il achetait à son enfant, il se suicidera à la fin du morceau, sa peine étant insurmontable.

Collaboration au sommet entre deux poids lourds du rap US, Mona Lisa est une peinture moderne de notre époque et s’impose d’emblée comme l’un des meilleurs storytellings de l’année.

Tibbar
Tibbar
Do you fools listen to music or do you just skim through it ?

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